Bonifacio / Bunifaziu

La Cité des falaises
(4 000 habitants)

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Tel un chef d'oeuvre que la touche finale doit sublimer, les dieux ne pouvaient donner à la Corse, en son extrême sud, qu'un site unique. Celui ci prend l'allure d'un blanc vaisseau partant fièrement à l'assaut du grand large: Bonifacio !

Nul ne peut résister à la fascination de cette vieille ville éblouissante de blancheur ni à l'attrait de ses vieilles ruelles grimpant droit vers le ciel, et, longeant les falaises d'ou l'on peut apercevoir les îles de Lavezzi et de Cavallo, ou encore la Sardaigne. Devant tant d'audacieuse beauté, on est souvent la proie d'un vertige dont on ne saurait définir s'il est physique ou tout simplement mystique

Bonifacio est une citée exposée au large et aux vents qui s'engouffrent dans le goulet avec une violence inouïe.
Lorsque ce souffle prend possession de la ville , malheur à celui qui s'y promène.
Sa puissance est telle qu'il bouscule les moins solides. Passé la porte du pont-levis, la vieille ville, où le parler reste le génois et non le corse, se referme sur elle-même.

Car Bonifacio a gardé son aspect d'origine, ou peu s'en faut.

La vue de Bonifacio par la mer est l'une des plus réputées. Le bateau longe les immenses murs blancs dont les encorbellements s'avancent au dessus de nous.
Puis la ville apparaît qui semble nous regarder d'en haut. On a peine à retenir sa crainte de voir chuter ces immeubles aux ouvertures innombrables et minuscules.

Du port jusqu'à la Citadelle monte un chemin qui surplombe la marine et le goulet.

Au début du siècle, les ânes encombraient cette route; des centaines d'ânes qui approvisionnaient la vieille ville.
Les Bonifaciens surnommaient cette procession de bourricots "le métro de Bonifaziu".
Les braves bêtes amenaient le boire et le manger aux habitants de la ville haute. Lorsque le soleil se levait, cette armée d'ânes commençait à braire, réveillant les pauvres citadins qui joignaient leurs insultes au tintamarre animal.
Peu après, les porteurs d'eau se répandaient dans les ruelles encaissées, hurlant : "Acqua, acqua fresca." La force et l'habitude leur permettaient de monter les jarres pleines jusqu'en haut de ces escaliers érigés droit comme des échelles.

Bonifacio est une ville religieuse par excellence.

Les Templiers entamèrent sa construction et elle fut terminée au XIV ème siècle grâce aux subsides versés par les habitants.

La Haute-Ville a été construite sur une presqu'île calcaire de 1500 m de long sur 200 m de large.

L'origine de Bonifacio n'est pas précise, mais sa création remonterait entre 828 et 833 par Boniface, marquis de Toscane, qui baptisa la ville.
 
La ville elle-même, est issue d'un conflit guerrier entre Pise et Gênes, ces deux grandes villes se disputant avec acharnement cette citadelle qui était un maillon stratégique militaire et un complexe portuaire sans égal en Corse et dans cette partie de la méditérranée.
Pise fût maîtresse des lieux jusqu'à la fin du XIIeme siècle, la véritable fondation de la ville de Bonifacio date de 1195. Elle fût colonisée par les Gênois qui lui imposèrent des modifications militaires structurelles importantes.
 
Plantée sur ses hautes falaises crayeuses, Bonifacio (Bunifaziu) la Blanche, impressionne dès le premier regard par sa beauté et sa singularité. Hautes de 60 m, les falaises striées par l'érosion sont découpées sur une centaine de mètres pour donner accès à la plus extraordinaire calanque de la Méditerranée. Homère les évoquait déjà dans l'Odyssée.
Bonifacio avec sa citadelle qui, tel un phare, surplombe la mer, isolée au milieu des flots fut surnommée par les génois "l'œil au milieu de l'eau".
 
Un surnom qui démontre l'importance stratégique de la ville... Blottie à l'intérieur de ses remparts, cette cité "sentinelle" a vécu la tourmente des guerres qui ont bouleversé la Méditerranée: Barbaresques, Aragonais, Turcs, mais aussi Anglais ou révolutionnaires français. Son architecture militaire en témoigne.
 
Alphonse V, roi d'Aragon, maintint en 1420 un siège pendant cinq mois avant de baisser les armes face à l'intouchable cité qu'était Bonifacio.

Bonifacio a subi au cours des siècles de multiples attaques, mais la plus marquante fût celle de la peste qui en 1528 fit plus de 4 300 morts dans la cîté qui à cette époque comptait 5 000 habitants. Les murailles réputées imprenables de la forteresse se révélèrent inutiles face à ce fléau. La chapelle St Roch à l"entrée de la ville, reste un témoignage de la fin de cette sombre période. On dit que c'est le lieu où est venu mourir la dernière personne atteinte de la maladie.

 
En 1553, déjà bien affaiblie par le passage de la peste, Bonifacio subissait une nouvelle attaque et dû se rendre à Dragut, un ancien corsaire Turc commandité par Paul de Thermes. La ville assiégée capitula pour la première fois. Alors détruite, Bonifacio fut reconstruite par les Français qui, en 1559, suite à un traité de paix, céderont la place aux Gênois.
 
Sous le second Empire, la troisième et la quatrième République, les troupes y stationneront, comme en témoigne la Caserne Française.
 
La tranquilité de son port, son abri sûr, ses qualités défensives ont assuré le développement de la "Marine". Une marine qui offre aujourd'hui un visage touristique aux nombreux visiteurs qui l'arpentent.
 
Le port naturel s'enfonce à plus de 1500 m à l'intérieur des terres, créant un havre providentiel à l'abri des vents et des vagues, fréquents dans le passage des bouches, surnommé "la marmite du diable". Il est le point de départ de promenades en bateau vers les grottes, les falaises et les calanques.
 
La ville s'est forgée dans l'adversité un caractère propre qui lui a valu sa singularité: sa langue n'a pas changé, on y parle toujours le ligure et ses traditions n'ont pas été entamées par les vagues du tourisme.
 
Fidèles à la tradition religieuse rythmée par le calendrier liturgique, les Bonifaciens perpétuent chaque année la procession des confréries jusqu'à la terrasse de Manichella, promontoire dominant les Bouches de Bonifacio.
De la "Sittimana Santa" avec ses processions du Jeudi et Vendredi Saint, jusqu'à la Sainte Croix le 14 septembre, chaque fête, chaque procession rassemble tous les enfants de Bonifacio autour de ses Confréries et de ses Châsses; un gage de perpétuité pour les traditions.

Les fêtes traditionnelles et leurs processions religieuses:

  • Le Vendredi Saint
  • 3 Mai : Fête de l'Invention de la Croix.
  • 2 Juin : Fête de St Erasme.
  • 20 Juin : Fête de St Sylvère.
  • 24 Juin : Fête de St Jean Baptiste.
  • 22 Juillet : Fête de Ste Marie Madeleine.
  • 15 Août : Fête de Ste Marie.
  • 24 Août : Fête de St Barthélémy.
  • 29 Août : Fête de St Jean Baptiste (décollation).
  • 8 Septembre : Fête de la Trinité.
  • 14 Septembre : Fête de l'Exaltation de la Croix.
Le visiteur peut admirer les vestiges encore intacts de la position stratégique de la "Cité des Falaises".
Des rénovations importantes ont mis à jour des traces de civilisations très anciennes comme les preuves d'une intense activité économique, militaire, sociale et religieuse.
Pour preuve, l'Eglise Saint-Dominique, seul édifice gothique de l'ïle.
 
En 1215, durant son voyage d'Espagne en Italie, St François d'Assise résida à Bonifacio. C'est à cette occasion que le couvent St Julien est devenu franciscain.
 
En 1541, l'empereur Charles Quint séjourna dans le "château" de Bonifacio. Chaque année, une fête lui est dédiée.
 
En 1793, le jeune Bonarparte et ses troupes débarquèrent à Bonifacio, son objectif étant de conquérir le nord de la Sardaigne par la prise de la Maddalena. A cette époque, Bonaparte avait 23 ans et ne possédait pas encore toutes les qualités du grand stratège qu'il devint plus tard, l'aventure se révéla être un échec.
 

De la Corse à la Sardaigne, quelques kilomètres seulement séparent les îles Lavezzi et Cavallo, mais beaucoup de marins ont brisé leur navires sur ces terribles écueils comme en témoignent les cimetières marins de Furcone et de l'Archiarino où perdure le souvenir du naufrage de La Sémillante, en 1855 au cours duquel périrent 750 hommes.
Depuis le Phare de Lavezzi veille sur ce détroit et ces magnifiques Iles de granite .
 
Deux fois par jour des excursions y conduisent à partir de Bonifacio.
Office de Tourisme de Bonifacio
Fort San Nicro - rue Fred Scamaroni
Tel: 04 95 73 11 88
A visiter:
L'Eglise Saint-Erasme, la Chapelle Saint-Roch, la Porte de Gênes, la Place d'Armes, le Bastion de l'Etendart, le Mémorial, le Jardin des Vestiges, la Cisterna, l'Eglise Sainte Marie-Majeure, la Maison du Podestat, le centre d'Art et d'Histoire ou Palazzu Publicu, l'Eglise Saint Jean-Baptiste, l'oratoire Sainte Croix, ou "Domus Miséricordae", le Torrrione, l'Escalier du Roy d'Aragon, l'Eglise Saint-Dominique, les Moulins à Vent, le Couvent et l'Eglise Saint-François, la Batterie Saint-Antoine, le Monument aux morts, l'Aquarium, les Promenades en Mer...
A visiter absolument - http://www.bonifacio.com


Documents : Général A.Serafino / Corseweb / Corsenet / Bonifacio.com
Logo de Bonifacio : Régis Scotto/Bonifacio.com  
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