Le Catenacciu

La procession du Catenaccîu a traversé les âges avec une constance déroutante.

L'origine de la procession reste obscure. Elle serait liée à l'arrivée sur l'île au XIIIè siècle des moines franciscains qui ont introduit les «chemins de croix» dans la culture insulaire. Mais le véritable coup d'envoi se situerait plutôt aux XIVè et XVè siècles.

La Corse était alors sous l'influence de l'Aragon où étaient répandues les pratiques religieuses pénitentielles.

L'apparition au XVè siècle des confréries de pénitents ne fait que renforcer la tradition.

Créée en 1710 à Sartène, la confrérie «A compagnia del Santissimo Sacramento», qui avait disparu en 1920, a été ravivée en 1990.

Dans la nuit du Vendredi Saint, Sartène vit un rituel singulier pour commémorer le supplice du Christ. Tous les hommes du village se disputent l'honneur de porter la croix. Mais le nom du candidat, choisi plusieurs années à l'avance, est connu du seul curé.

Coiffé d'une cagoule rouge, pieds nus et vêtu de rouge, le Grand Pénitent porte une croix de 31 kilos sur plusieurs kilomètres.

L'un de ses pieds est entravé de lourdes chaînes qui raclent sinistrement le pavé. C'est le Catenacciu, littéralement << l'enchaîné >>.

Mais il y a aussi le pénitent blanc, cagoulé également, et les pénitents noirs, encore plus impressionnants, qui le suivent et l'assistent.

Le Catenacciu entreprend son golgotha dans les ruelles escarpées de la ville, sous les regards d'une foule recueillie qui le voit tomber trois fois, comme le Christ...