Sartène / Sarté


 

Entre mer et montagne, mélancolique et volontaire, rude et traditionnelle, Sartène reflète parfaitement l'âme corse.

Mérimée avait d'ailleurs décerné à Sartène un titre envié qui n'est pas usurpé:
<< la plus corse des villes corses >>.

Ce gros bourg de l'intérieur de l'île, accroché à flanc de montagnes et dont le cimetière dévale les pentes - presque joyeusement - sur plusieurs centaines de mètres, apparaît effectivement comme un dépositaire majeur de l'âme corse.

Construite sur un piton, cette cité de 4 000 habitants est à l'image de l'île : tournée vers la montagne et le somptueux massif de Bavella, mais surveillant la mer d'un œil, en dominant la vallée du Rizzanese qui s'étire en contrebas jusqu'au golf de Valinco. Une vieille habitude, puisque c'est de là que surgissaient les corsaires barbaresques pour venir l'assièger.

Ce double panorama est évidemment spectaculaire... Mais l'atmosphère de cette petite ville, dont les ruelles sombres et sévères soulignent l'austérité et la rudesse de la vie, est tout aussi évocatrice.

Par un de ces après-midi écrasés de chaleur, c'est toute la Corse qui semble hanter le dédale très secret du vieux centre, faisant la sieste en attendant un peu de fraîcheur...

La population de Sartène est fière d'être identifiée au peuple corse. Elle en a la réserve mais aussi les qualités d'hospitalité, une certaine fascination pour la mort et une foi catholique chevillée au corps.