La Sémillante


 

 

Le 14 février 1855, La Sémillante, l'une des dernières frégates en bois et à voiles construites en France, quitta le port de Toulon à destination de Constantinople...

Ayant renoncé à doubler la Sardaigne par le sud, le capitaine fut contraint de pénétrer dans les bouches de Bonifacio, où la frégate vint se fracasser contre des récifs.

À son bord se trouvaient les 301 marins de l'équipage et les 392 soldats envoyés comme renfort auprès des troupes françaises engagées dans la guerre de Crimée.

Dans la nuit du 15 février 1855, le bâtiment fut pris dans une tempête d'une violence extrême qui balaya le détroit et fit naufrage dans les bouches de Bonifacio. Dans cette région connue pour être particulièrement venteuse, le dangereux écueil des Lavezzi, situé sur la route entre l'île du même nom et l'île Razzoli, n'était signalé, à l'époque, que par une simple bouée. Il n'y eut aucun survivant.

La Sémillante fut l'une des 27 frégates de 60 canons construites de 1822 à 1849, les dernières étant équipées de machines à vapeur. Longue de 54 m et large de 14 m, elle représentait l'aboutissement de trois siècles de recherches en architecture navale. Mise sur cale à Lorient le 19 mars 1827, elle ne fut lancée que 14 ans plus tard, le 16 février 1841.

Après le naufrage, deux cimetières furent ouverts sur l'île Lavezzi.

Celui de l'Achiarino, abrite la dépouille du capitaine de la Sémillante, seule victime identifiée de la tragédie.

Une pyramide fut érigée en 1856, au sommet du rocher de l'Achiarino au sud-ouest de l'île Lavezzi.

Dans celui de Furcone, une chapelle fut construite en 1856.


D'après des textes tirés du Guide Corse-du-Sud - Guides Gualimard